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DICTIONNAIRE JURIDIQUE - DEFINITION DE RECLASSEMENT

Définition de Reclassement



L'article 1226-10 du Code du travail, prévoit que lorsqu'à son retour d'une période de suspension du contrat de travail consécutives à un accident du travail ou à une maladie professionnelle, le salarié est déclaré inapte par le médecin du travail à reprendre l'emploi qu'il occupait précédemment, l'employeur lui propose un autre emploi approprié à ses capacités. La décision de l'employeur est prise après avis des délégués du personnel, au vu des conclusions écrites du médecin du travail et les indications qu'il formule sur l'aptitude du salarié à exercer l'une des tâches existant dans l'entreprise. L'avis des délégués du personnel sur le reclassement du salarié doit être recueilli après que l'inaptitude de l'intéressé ait été constatée et avant la proposition à l'intéressé d'un poste de reclassement approprié. L'offre de reclassement intervenue antérieurement à la seconde visite de reprise, est prématurée, alors surtout si l'offre de reclassement est intervenue la veille de l'avis des délégués du personnel donné postérieurement à l'engagement de la procédure de licenciement. Le licenciement est alors déclaré sans cause réelle et sérieuse et l'employeur doit être condamné à payer au salarié des dommages intérêts en application de l'article L. 122-32-7 du code du travail (chambre sociale 28 octobre 2009, pourvoi n°08-42804, BICC n°719 du 1er avril 2010 et Legifrance). Consulter aussi : Soc., 16 février 2005, pourvoi n° 03-40. 721, Bull. 2005, V, n° 56 (2) et Soc., 19 juin 1990, pourvoi n° 87-41. 499, Bull. 1990, V, n° 291. Consulter aussi la note de M. Couturier référencée dans la Bibliographie ci-après. L'obligation de reclassement à la charge de la société mère qui a mis un de ses salariés à la disposition de sa filiale étrangère ne concerne que les relations la société mère et le salarié qu'elle a mis à disposition, peu importe que le contrat conclu entre ce dernier et la filiale ait été soumis au droit étranger (Chambre sociale 30 mars 2011 pourvoi n°09-70306, BICC n°746 du 15 juillet 2011 et Legifrance). Consulter la note de Madame Nathalie Dedessus-le-Moustier référencée dans la Bibliographie ci-après.

La proposition d'une modification du contrat de travail que le salarié peut toujours refuser, ne dispense pas l'employeur de son obligation de reclassement. L'employeur est tenu de proposer au salarié dont le licenciement est envisagé tous les emplois disponibles de la même catégorie ou, à défaut, d'une catégorie inférieure sans pouvoir limiter ses offres en fonction de la volonté présumée de l'intéressé de les refuser. (Chambre sociale 25 novembre 2009, pourvoi n°08-42755, BICC n°721 du 1er mai 2010 et Legifrance). Consulter aussi, Soc., 24 juin 2008, pourvoi n° 06-45. 870, Bull. 2008, V, 138 et la note de M. Gea référencée dans la Bibliographie ci-après. Le refus par le salarié d'un poste proposé par l'employeur dans le cadre de son obligation de reclassement n'implique pas à lui seul le respect par celui-ci de cette obligation. Il lui appartient d'établir qu'il ne dispose d'aucun autre poste compatible avec l'inaptitude du salarié ainsi que de faire connaître par écrit les motifs qui s'opposent au reclassement avant de procéder au licenciement. Au surplus, alors que ce salarié avait toujours occupé un emploi à temps plein, l'offre d'un emploi à temps partiel emportait modification du contrat de travail et ce changement nécessitait l'accord du salarié. Son refus ne pouvant être jugé abusif, le salarié licencié dans ces conditions avait droit, d'une part, à l'indemnité prévue à l'article L. 1226-15 du code du travail et, d'autre part, au versement de l'indemnité spéciale de licenciement (Chambre sociale 30 novembre 2010, pourvoi n°09-66687, BICC n°738 du 15 mars 2011 et Legifrance. L'employeur n'a pas manqué à son obligation de reclassement en pourvoyant après le moment où le licenciement a été envisagé, le poste qu'il a offert en reclassement sans attendre l'expiration du délai de réflexion consenti. Et si l'adhésion du salarié à une convention de reclassement personnalisé, qui entraîne la rupture de son contrat de travail, ne le prive pas du droit de contester le respect par l'employeur de son obligation de reclassement, elle entraîne toutefois nécessairement renonciation de sa part à la proposition de reclassement qui lui a été faite. (Chambre sociale 28 septembre 2011, pourvoi n°10-23703 et 10-23704, BICC n°754 du 15 janvier 2012 et Legifrance). Consulter la note de Madame Carole Lefranc-Hamoniaux référencée dans la Bibliographie ci-après.

En l'absence de motif économique de licenciement, la convention de reclassement personnalisé devient sans cause de sorte que l'employeur est alors tenu à l'obligation du préavis et à verser au salarié une indemnité représentant ses congés payés, sauf à tenir compte des sommes déjà versées à ce titre en vertu de ladite convention. (Chambre sociale 5 mai 201, pourvoi n°08-43652, BICC n°728 du 1er octobre 2010 et Legifrance) Consulter la note de M. Fabre référencée dans la Bibliographie ci-après;

En revanche, l'obligation légale de prévoir des mesures de reclassement interne ne peut, par définition, concerner des salariés qui décident volontairement de quitter l'entreprise puisque ceux-ci peuvent, en tout état de cause, éviter une rupture de leur contrat en ne se portant pas volontaires pour un départ négocié, ce qui rend alors sans objet la recherche d'un reclassement. Par ailleurs, le plan de reclassement ne s'adressant, selon l'article L. 1233-61 du Code du travail, qu'aux salariés dont le licenciement ne pourrait être évité, le reclassement ne paraît pas utile lorsque l'employeur exclut toute rupture prenant la forme d'un licenciement (Cass. soc., 26 oct. 2010, n°09-15. 187, LexisNexis, BICC n°736 du 15 février 2011 et Legifrance). Consulter les notes de M. Loiseau d'une part, et celle de Madame Favennec-Hery, d'autre part, référencées dans la Bibliographie ci-après.

Statuant sur les pouvoirs du juge lorsque dans le cadre d'un licenciement pour causes économiques, le licenciement a fait l'objet d'une autorisation administrative, il est jugé que le principe de la séparation des pouvoirs s'oppose à ce que le juge judiciaire se prononce sur le respect par l'employeur de son obligation de reclassement légale ou conventionnelle préalable au licenciement (Chambre sociale 26 octobre 2010, pourvoi, n°09-42409, BICC n°736 du 15 février 2011 et Legifrance). Consulter aussi, Soc., 29 septembre 2010, pourvoi n°09-41. 127, Bull. 2010, V, n°201.

Voir les articles suivants :

  • Accident du travail,
  • Congé,
  • Harcèlement moral,
  • Mutation,
  • Plan de sauvegarde de l'emploi,
  • Réintégration.

    Textes

  • Code du travail, Articles L. 1226-10 et R. 4624-31.
  • Loi n° 2010-499 du 18 mai 2010 visant à garantir de justes conditions de rémunération aux salariés concernés par une procédure de reclassement.
  • Bibliographie

  • Couturier (G.), Commentaire de l'arrêt du 28 octobre 2009, Revue Droit social, n°1 janvier 2010, Actualité jurisprudentielle, p. 126-127.
  • Dedessus-le-Moustier (N.), Reclassement du salarié mis à la disposition d'une filiale étrangère par la société mère. La Semaine juridique, édition générale, n°16, 18 avril 2011, Jurisprudence, n°454, p. 750, note à propos de Soc. - 30 mars 2011.
  • Fabre (A.), La convention de reclassement personnalisé sur les traces de la convention de conversion. Revue de droit du travail, n°7-8, juillet-août 2010, Chroniques, p. 437-439, note à propos de Chambre sociale 5 mai 2010.
  • Favennec-Hery (F.), Inaptitude - Offre de reclassement. Refus. Conséquences. Abus, - Revue de Droit social, N°696-2, février 2011.
  • Géa (F.), Modification du contrat et obligation de reclassement : l'une n'empêche pas l'autre !, Revue de droit du travail, n°2, février 2010, Chroniques, p. 103 à 105, note au sujet de Soc. 25 novembre 2009.
  • Lefranc-Hamoniaux (C.), Obligation de reclassement d'un salarié inapte, La Semaine juridique, édition générale, n°51, 20 décembre 2010, Jurisprudence, n°1277, p. 2387, note à propos de Soc. - 30 novembre 2010.
  • Loiseau (G.), Les départs volontaires des plans sans reclassement, La Semaine juridique, édition social, n°46, 16 novembre 2010, Jurisprudence, n°1483, p. 30 à 33, note au sujet de Soc. - 26 octobre 2010.
  • Taquet (F.), Rupture du contrat de travail résultant de l'acceptation par le salarié d'une convention de reclassement personnalisé et modalités d'énonciation du motif économique de la rupture, La Semaine juridique, édition entreprise et affaires, n°21, 27 mai 2010, Jurisprudence, n°1514, p. 45 à 47.
  • Liste de toutes les définitions

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