|
|
|
DICTIONNAIRE JURIDIQUE - DEFINITION DE PRINCIPE D'IMMUNITE
Définition de Principe d'Immunité
En droit social, le principe d'immunité est le nom donné par la doctrine au fait que, en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle et en dehors des cas où il aurait commis une faute intentionnelle ou une faute inexcusable, la responsabilité de l'employeur, de ses préposés ou de ceux qu'il s'est substitué dans la gestion de l'entreprise, ne peut être recherchée sur le fondement du droit commun par le salarié ou par ses ayants-droit. En d'autres mots, la réparation forfaitaire instituée par la législation professionnelle est substituée au droit commun de la responsabilité civile.
En procédure, il existe aussi un principe d'immunité selon lequel à l'audience les parties ou leurs conseils disposent de la liberté de parole. Cette règle n'est cependant pas totale, car ces personnes sont cependant tenues au respect d'une obligation de réserve qui limite cette liberté aux propos qui sont nécessaires à la cause. A cet égard le magistrat qui préside les débats dispose de la police de l'audience.
L'immunité diplomatique et consulaire est le droit attribué aux personnes appartenant au personnel des Ambassades et des Consulats étrangers et, à l'étranger, au personnel du corps diplomatique et consulaire français, d'être soustrait à la compétence des juridictions de l'État de leur résidence. Cette prérogative résulte à la fois des usages, et des Conventions internationales. Cependant les États étrangers et les organismes qui en constituent l'émanation ne bénéficient de l'immunité de juridiction qu'autant que l'acte qui donne lieu au litige, participe par sa nature ou par sa finalité, à l'exercice de la souveraineté de ces États. En revanche, les actes de gestion que ces États ou que ces Organismes réalisent sur le sol français, par exemple l'emploi d'un professeur par le Royaume d'Arabie Saoudite, et même si l'on considère que l'intéressée participait au service public de l'enseignement saoudien, relèvent des actes de simple gestion qui ne sont pas protégés. La Cour de cassation a ainsi jugé que l'État saoudien ne pouvait se prévaloir du principe d'immunité pour ne pas déclarer à un régime français de protection sociale, le professeur qu'il avait engagé. Celui-ci s'était donc trouvé fondé a saisir les juridictions françaises du différend qui l'opposait à son employeur. (Cass. . ch. mixte, 20 juin 2003 ; Mme Soliman c/ École saoudienne de Paris et a. : Arrêt n° 220 P, JCP éd. E 2003, n°27 act. 195). Concernant encore le licenciement d'un agent local d'un Consulat étranger, la Chambre sociale a décidé que si un Etat est en droit de revendiquer l'immunité de juridiction, quant à l'appréciation des motifs de la décision de fermeture d'une délégation consulaire, le juge français garde le pouvoir de vérifier la réalité de la fermeture invoquée et de statuer sur les conséquences du licenciement d'un salarié motivé par cette décision, dés lors que celui-ci n'occupe pas des fonctions lui conférant une responsabilité particulière dans l'exercice du service consulaires (chambre sociale, 31 mars 2009, pourvoi : 07-45618, BICC n°707 du 15 septembre 2009 et Legifrance). Chaque fois que l'instance a pour objet une opération économique, commerciale ou civile relevant du droit privé, l'exception d'immunité diplomatique est rejetée. Ainsi en a t-il été du moyen soulevée par la République fédérale d'Allemagne dans une affaire dans laquelle la propriétaire d'un terrain mitoyen plaidait pour obtenir la réparation d'un mur dont ils partageaient la propriété et qui présentait des désordres (1re Civ. - 19 novembre 2008, BICC n°699 du 1er avril 2009 et Legifrance). Notons qu'un Etat ou un diplomate étranger peut renoncer à bénéficier de cette immunité, ce choix se déduit nécessairement du fait qu'il a pris l'initiative de se porter demandeur devant une juridiction française.
Il a été jugé aussi que si la lettre engageant d'un salarié de l'UNESCO mentionnait que ses conditions d'emploi et de travail étaient régies par le "règlement du personnel de l'Economat complété par la législation française", cette référence à la léislation française ne valait pas renonciation à l'immunité de juridiction dont l'UNESCO bénéficie en vertu de l'agrticle 12 de l'Accord de siège du 2 juillet 1954". Ainsi, il a été jugé que bien que l'UNESCO, qui n'ait pas adhéré à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentalesles, ses salariés de, disposaient cependant pour le règlement de leurs conflits du travail, d'un recours de nature juridictionnelle comportant des garanties d'impartialité et d'équité, ce dont il se déduisait que la procédure mise en place par le règlement n'était pas contraire à la conception française de l'ordre public international". L'UNESCO était fondée à revendiquer le bénéfice de son immunité de juridiction" (Chambre sociale, 11 février 2009, N° de pourvoi : 07-44240, BICC n°704 du 15 juin 2009 et Legifrance).
Voir aussi la notion voisine qui est celle de Privilège de juridiction.
Textes
Convention de Vienne du 18 avril 1961 sur les relations diplomatiques.
Convention de Vienne du 24 avril 1963 sur les relations consulaires.
Traité sur l'Union européenne et Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne : (2008/C 115/01) - Protocole (no 7) sur les privilèges et immunités de l'Union européenne.
Bibliographie
Avena-Robardet (V.), Immunité d'exécution d'une organisation internationale, Recueil Dalloz, n° 38, 5 novembre 2009, Actualité jurisprudentielle, p. 2557-2558.
Junillon (J.), Revue Procédures, no 2, février 2009, commentaire no 53, p. 21-22, note sur l'« Immunité de juridiction », a propos de 1re Civ. - 19 novembre 2008.
Mélin (F.), Conditions dans lesquelles un Etat étranger peut invoquer devant les tribunaux français son immunité de juridiction dans le cadre d'un licenciement, La Semaine juridique, édit. générale, n° 22, 27 mai 2009, Jurisprudence, n° 10097, p. 34 à 36, à propos de Soc. - 31 mars 2009.
Pingel (I.), Droit d'accès aux tribunaux et exception d'immunité : la Cour de Strasbourg persiste ; à propos de : Cour européenne des droits de l'homme, Grande Chambre, 21 novembre 2001, trois arrêts ; (déjà publié dans le BICC du 15 janvier 2002, n° 548, p. 3), Revue générale de droit international public, octobre-décembre 2002, n° 4, p. 893-915.
Nord (N.), Reconnaissance à l’UNESCO du bénéfice de l’immunité de juridiction, La Semaine juridique, édition social, n° 16-17, 14 avril 2009, Jurisprudence, n° 1182, p. 41 à 44 : à propos de Soc. - 11 février 2009.
Liste de toutes les définitions
A - B - C - D - E - F - G - H - I - J - L - M - N - O - P - Q - R - S - T - U - V - W
|
|
|