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GESTATION POUR AUTRUI (GPA) DEFINITION

Définition de Gestation pour autrui (GPA)



Dans un premier temps la Cour de cassation a jugé que le Ministère public est recevable, sur le fondement de l'article 423 du Code de procédure civile, à se porter demandeur aux fins d'annulation de la transcription sur les registres de l'état civil français au Consulat de France à Los Angeles, d'un acte de naissance dressé aux États Unis alors qu'il ressortait des propres constatations du juge du fond que les énonciations inscrites sur les actes d'état civil ne pouvaient résulter que d'une convention portant sur la gestation pour autrui (mère porteuse) (1ère chambre civile, 17 décembre 2008, pourvoi n07-20468, BICC, n701 du 1er mai 2009 et 1ère Chambre civile 19 mars 2014, pourvoi n13-50005, Legifrance)

Concernant les actes de naissance des enfants français nés à l'étranger, la Cour de cassation a rappelé que l'acte de naissance dressé en pays étranger lorsqu'il était rédigé dans les formes usitées dans ce pays, et sauf si cet acte était irrégulier, falsifié ou que les faits qui y étaient déclarés ne correspondaient pas à la réalité, devait être transcrit sur les registres de l'état civil français. Ainsi, en était il de l'acte de naissance établi en Russie (1ère èspèce), désignant en qualité de père, un homme de nationalité française, et en qualité de mère, une femme ressortissante russe comme ayant accouché de l'enfant. Le procureur de la République ne pouvait, s'il n'avait pas été constaté que l'acte était irrégulier, falsifié ou que les faits qui y étaient déclarés ne correspondaient pas à la réalité, s'opposer à la demande de transcription de cet acte sur un registre consulaire en invoquant l'existence d'une convention de gestation pour autrui. (Assemblée plénière 3 juillet 2015, Rapport de M. Soulard, Avis de M. Marin, Procureur général, deux pourvois n14-21323, et 15-50002, BICC n831 du 15 novembre 2015 avec des notes du SDER). Notons que dans l'arrêt objet du pourvoi n14-21323 la Cour d'appel dont l'arrêt se trouvait présenté à la censure de la Cour de cassation la juridiction du second degré avait motivé sa décision en faisant état de ce qu'il existait un faisceau de preuves de nature à caractériser l'existence d'un processus frauduleux, comportant une convention de gestation pour le compte d'autrui, ce à quoi l'Assemblée pleinière cassant cet arrêt a répondu à ce grief, qu'il n'avait pas été constaté par la juridiction du second degré que l'acte était irrégulier, falsifié ou que les faits qui y étaient déclarés ne correspondaient pas à la réalité. Dans l'arrêt du 3 juillet 2015, objet du pourvoi n15-50002, l'Assemblée a rejeté le pourvoi en motivant sa position par la circonstance qu'ayant constaté que l'acte de naissance n'était ni irrégulier ni falsifié et que les faits qui y étaient déclarés correspondaient à la réalité, la Cour d'appel en avait donc déduit à bon droit que la convention de gestation pour autrui ne faisait pas obstacle à la demande de transcription de l'acte de naissance. Consulter le commentaitre de Madame Inès Gallmeister référencé dand la Bibliographie ci-après.

Sur la nullité de ces conventions conclues par des époux français dans les pays où ces actes sont autorisés, trois arrêts de la Première Chambre ont été prononcés le 6 avril 2011 (Cass. 1ère civ., 6 avril 2011, pourvois n 09-66. 486, n 10-19. 053 et n 09-17. 130, BICC n747 du 15 septembre 2011 avec un commentaire du SDR et Legifrance). Ces arrêts ont été motivés par l'état du droit positif du droit français selon lequel de telles conventions sont contraires au principe de l'indisponibilité de l'état des personnes. Le premier de ces arrêts (pourvoi n09-66486) juge d'abord comme il l'avait déjà fait dans l'arrêt du 17 décembre 2008 cité ci-dessus, qu'en application de l'article 423 du Code de procédure civile, le Ministère public qui agit pour la défense de l'ordre public, conteste valablement l'opposabilité en France des jugements étrangers validant une gestation pour le compte d'autrui. Le refus de transcription par le Ministère public est fondé sur la contrariété à l'ordre public international français du jugement étranger qui valide cette convention alors qu'il est contraire au principe de l'indisponibilité de l'état des personnes, de faire produire effet à une convention portant sur la gestation pour le compte d'autrui, qui, fût-elle licite à l'étranger, est, en France, nulle d'une nullité d'ordre public. Dans les limites de la demande du Ministère public, la transcription de l'acte litigieux sur les registres d'état civil français devait être rectifiée par voie de suppression de la mention de la demanderesse en tant que mère. Une telle rectification, ne privait pas l'enfant de sa filiation paternelle, ni de la filiation maternelle que le droit de l'Etat du Minnesota lui reconnaissait. Il n'empêchait pas l'enfant de vivre en France avec les époux demandeurs, elle ne portait pas atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale de cet enfant au sens de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, non plus qu'à son intérêt supérieur garanti par l'article 3 1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le second arrêt (pourvoi n 10-19053) concerne deux enfants nés d'une gestation pour le compte d'autrui dont les effets ont été validés par un jugement de la Cour suprême de Californie. la Cour de cassation a motivé son arrêt d'une façon identique au premier arrêt cité, précisant que l'annulation de la transcription sur les registres de l'état civil français, ne privait pas les enfants de la filiation maternelle et paternelle que le droit étranger leur reconnaissait, Le troisième de ces arrêts (pourvoi n09-17130) énonce que dès leur retour en France, les époux demandeurs avaient obtenu du juge des tutelles, un acte de notoriété constatant la possession d'état d'enfant légitime à leur égard. Le Ministère public avait refusé d'en porter la mention à l'état civil : la possession d'état de l'enfant ne pouvait produire aucun effet quant à l'établissement de sa filiation. La décision de rejet de la demande tendant à obtenir la transcription du certificat de notoriété était conforme au Droit. Une telle situation, ne privait pas l'enfant de la filiation maternelle et paternelle que le droit de l'Etat du Minnesota lui reconnaissait. Consulter les notes de M. Chenedé de M. Murat et de Madame Neirinck référencées dans la Bibliographie ci-après et 1ère Civ., 13 mars 2007, pourvoi n05-16. 627, Bull. 2007, I, n113. Sur le caractère illicite de la maternité pour autrui consulter aussi : 1ère Civ., 9 décembre 2003, pourvoi n01-03. 927, Bull. 2003, I, n252.

Mais, plus récemment, au visa de larticle 47 du code civil et de larticle 7 du décret du 3 août 1962 modifiant certaines règles relatives à létat civil, ensemble larticle 8 de la Convention de sauvegarde des droits de lhomme et des libertés fondamentales, l'Assemblée pleinière a jugé deux affaires concernant deux enfants reconnus l'un et l'autre en Russie chacun par un homme de nationalité française : lacte de naissance établi à Moscou mentionnait le nom du déclarant en tant que père et le nom de la femme figurant dans l'acte comme étant la mère de l'enfant.

Lors de la demande de transcription sur un registre de l'Etat civil français, de chacun des actes de naissance dressés à Moscou, le Procureur de la République, se fondant sur le principe de l'indisponibilité du corps humain, soupçonnant le recours à une convention de gestation pour le compte dautrui (GPA) qu'il estimait contraire à lordre public international français, a formulé son opposition à cette transciption. La Cour de cassation saisie de pourvois dirigés contre deux arrêts de la Cour d'appel de Rennes, a constaté que dans l'un et l'autre cas, lacte de naissance dressé à Moscou n'avait pas été jugé ou comme étant irrégulier, ou comme ayant été falsifié. De même, le juge du fond n'avait pas estimé que l'énoncé des faits figurant à l'acte ne correspondait pas à la réalité. La convention de gestation pour autrui ne faisait donc pas obstacle à la transcription des actes de naissance dont il s'agit, sur les registres de l'état civil français. (Assemblé plénière 3 juillet 2015, pourvois n14-21. 323 et n15-50. 002, M. Soulard Conseiller rapporteur, avis de M. Marin Avocat général).

Bibliographie

  • Chénedé (F.), Recevabilité de l'action du ministère public en nullité de transcription des actes d'état civil des enfants nés d'une gestation pour autrui, (mères porteuses) à propos de 1ère Civ. 17 décembre 2008, Actualité juridique Famille, n2, février 2009, Jurisprudence, p. 81-82.
  • Gallmeister (I.), Dalloz 2015, somm. p. 1438, à propos des deux arrêts de l'Assemblée pleinière du 3 juillet 2015. (Acte de naissance dressé à l'étranger - gestation pour autrui).
  • Kloda (I.) et Pascal (A-F), Le droit international privé dans le contentieux familial, BICC n728 du 1er octobre 2010.
  • Labbée (X.), L'enfant de la mère porteuse et la filiation interdite. Au sujet de TGI Lille, 22 mars 2007, n04/06873, Dalloz, 10 mai 2007, n18, p. 1251-1255.
  • Massager (N.), Les Droits de l'enfant à naître : le statut juridique de l'enfant à naître et l'influence des techniques de procréation médicalement assistée sur le droit de la filiation : Étude de droit civil (Belgique) Bruxelles, Bruylant, 1997.
  • Murat (P.), Le ministère public et les actes de l'état civil étrangers consacrant une gestation pour autrui - annulation de la transcription recevable, Revue Droit de la. famille, n2, février 2009, commentaire n15, p. 26-27, à propos de 1ère Civ. 17 décembre 2008.
  • Neirinck (C.), La gestation pour autrui pratiquée à létranger et létat civil de lenfant qui en est né, Revue Droit de la famille, n5, mai 2011, Études, n14, p. 19 à 21, note à propos des quatre arrêts 1re Civ. - 6 avril 2011.
  • Liste de toutes les définitions

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